La Fondation BNP Paribas soutient dans le cadre de ses « Coups de Pouce aux projets du personnel » l’association »Un Avenir par l’Ecole« . Son fondateur, Daniel Richard, collaborateur BNP Paribas Suisse, nous raconte son histoire.
L’école à Ouagadougou…
Décrivez-nous votre projet ?
J’ai crée en 1997 à Ouagadougou au Burkina Faso, l’association » Un avenir par l’Ecole » avec l’aide de Ernerst K. Koula. BNP Paribas Suisse m’a soutenu dans ce projet dés le début.
Cette association permet d’offrir aux enfants non scolarisés du Burkina Faso la possibilité de suivre une scolarité de base. Particulièrement dans les campagnes reculées où nous prenons en charge autant de filles que de garçons. Nous garantissons le financement depuis la prise en charge jusqu’au BEPC (nous ne scolarisons un enfant que lorsque l’argent est bloqué sur notre compte).
Cette année, environ 100 enfants sont scolarisés. Parmi nos anciens élèves, nous avons le plaisir de compter 1 médecin, 1 infirmier au sein de la Gendarmerie national, 2 infirmières, 1 mécanicien diplômé.
Depuis 2007 nous offrons aux enfants du Secteur 23 à Tonghin Ouagadougou, la possibilité de venir profiter de notre ludothèque sous la surveillance d’une enseignante, diplômée de l’Etat Bukinabe, plus de 60 enfants y sont inscrits.
Quelle était votre motivation personnelle ? Et votre inspiration ?

© ww.aae-ouaga.org
Après plus de 40 ans de voyages en Afrique, il me fallait passer à autre chose que mon plaisir personnel de découvertes, prises de photos. En 1996 je suis parti vivre quelques temps dans une famille Burkinabe avec laquelle j’étais en contact depuis plusieurs années. Bien que très pauvre, cette famille prenait en charge des enfants et les aidait dans leur scolarité. Confronté aux conditions de vie des habitants d’un des pays les plus pauvres du Monde, après avoir vécu deux expériences de pays en guerre (en Angola, 1984 / 1987), je ne pouvais plus me contenter de verser des fonds à des associations en Suisse. Je voulais avancer dans ma démarche et m’investir dans un projet plus concret.
Vous allez me dire : pourquoi financer la scolarité et non la santé, ou des repas ?
De nombreuses associations existent et fonctionnent dans ce pays. Je ne souhaitais pas faire de double emploi et voulais garantir que chaque franc récolté serait totalement utilisé pour financer notre action.
Enfin, l’application du proverbe : « donne un poisson à un homme, il mangera un jour ; apprend lui à pêcher, il mangera avec sa famille toute sa vie » me motivait particulièrement.
Que vaut une bonne situation en Suisse sans partage (à ma modeste participation) avec les plus démunis ?
Comment ce projet a-t-il été réalisé ?

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J’ai très vite décidé de financer la scolarité d’un enfant et en ai parlé à mes amis de Ouagadougou. Ils ont saisi la balle au bond et m’ont proposé de créer une association qui financerait la scolarité des enfants. De retour en Suisse, grâce à un ami de longue date, j’ai pu « boursicoter » et ainsi récolter des fonds finançant les 10 ans de scolarité de base pour 5 enfants. Dans le même temps, j’ai reçu la documentation pour créer les documents officiels d’homologation « O.N.G. » auprès du Gouvernement du Burkina Faso. Ainsi, en 1997, commençait notre aventure qui se poursuit aujourd’hui avec un Comité Exécutif de huit membres totalement bénévoles, dévoués et efficaces.
La sélection des enfants se fait avec la collaboration de l’Instituteur du village, du Chef Traditionnel, des Parents et d’un membre du Comité Local. Ainsi les problèmes seront gérés « à l’Africaine » et non pas par une intervention venant de l’extérieur.

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Quel est le rôle des locaux dans votre projet ? Ainsi que le rôle de l’artiste Zougrana que vous citez sur votre site Internet ?
Sur les 8 membres du Comité Exécutif, 5 sont Burkinabes. Ils sont le moteur sur place de notre activité, gérant le recrutement, le suivi et le reporting de tous nos enfants, ainsi que l’animation de la ludothèque et son entretien. Le tout totalement bénévolement. L’association n’a pas de frais de fonctionnement, pas de salaires versés. Les frais administratifs sont pris en charge par les membres du Comité.
L’artiste E. Zougrana est membre du Comité Exécutif. Il nous fourni des Batiks d’art (tissus africains peints) que nous revendons en Suisse pour récolter des fonds en faveur de l’Association.
Comment envisagez-vous développer ce projet dans le futur ? Pensez-vous que le projet peut être pérenne ?

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Nous avons plusieurs projets en attente : la création d’une cuisine traditionnelle à la ludothèque, le financement d’un container (Genève – Ouagadougou) pour envoyer le matériel déjà reçu en attente du transport, et une offre de logement pour des bénévoles qui animent notre ludothèque.
Le projet existe et fonctionne depuis 12 ans maintenant.
J’ai personnellement pris les mesures suivantes afin d’en assurer la pérennité :
- le financement de la scolarité d’un enfant doit être versé sur le compte avant sa prise en charge (garantie de pouvoir continuer le financement jusqu’au BEPC)
- en cas d’incapacité ou disparition du Président, le Trésorier s’est engagé à suivre les actions entreprises et verser chaque année les fonds nécessaires
(donc survie au minimum de 10 ans de l’action en cours)
- le fonctionnement de la ludothèque (frais d’entretien) est garanti pour 2009, une solution à long terme est en cours de finalisation (location la semaine pour une école maternelle sociale en faveur des enfants pauvres du quartier).
En quoi ce projet peut-il s’inscrire dans le cadre du développement durable?














