La Banque Mondiale a réuni début 2 009 à Paris une soixantaine de spécialistes dont BNP Paribas, observateur attentif de la microfinance, sur le sujet de la crise financière. L’impression générale de cette réunion était que les nuages à l’horizon de la microfinance n’ont aucune commune mesure avec les cataclysmes que connaît la haute finance : dans un contexte où de très grandes banques survivent grâce à l’aide massive des Etats, les institutions de microfinance se développent de manière saine.
La crise asiatique de 1997 avait permis d’observer la grande résilience du secteur car les micro entreprises avaient continué à prospérer tandis que les corporates étaient incapables de servir leur dette. La crise actuelle ne sera cependant pas sans impact. D’une part, la liquidité devient plus rare et plus chère en raison des contraintes des banques commerciales qui financent le secteur. D’autre part, la grande volatilité du prix des matières premières a un fort impact sur le niveau de vie des micro entrepreneurs. Enfin, la chute des monnaies des pays émergents, parfois de 30%, est susceptible d’affecter fortement les institutions qui ne peuvent ou ne veulent couvrir leur risque de change. La croissance de la microfinance qui était dernièrement de l’ordre de 40%, va être plus modérée, de l’ordre de 10 à 20%.
La crise ne remet donc pas en cause l’utilité économique et sociale du microcrédit. Au contraire, alors que 4 Md de personnes vivent avec moins de 2 US$ par jour et que 20 à 50 millions de personnes de plus vont se trouver au chômage dans le monde, la microfinance qui permet à des chômeurs de créer leur entreprise peut être un élément de sortie de crise.














