
Où en sommes nous ? Lancement réussi d’un projet innovant
En 2005, année internationale du microcrédit, la microfinance était pour BNP Paribas hors de France une activité très marginale. Deux pays, le Maroc et la Guinée, avaient été précurseurs pour financer des institutions de microfinance en Afrique à partir de 2002. Par ailleurs, la Banque Privée avait signé en 2005 un accord pour la commercialisation hors de France du fonds de microfinance ResponsAbility.
Approuvé par le Comité Exécutif du groupe en juin 2006, le lancement du projet de microfinance internationale a permis de situer BNP Paribas parmi les dix grandes banques les plus actives dans ce domaine. Microfinance Groupe, une équipe de quatre personnes logée chez Investment Solutions Wealth Management, travaille en étroite collaboration avec les réseaux de la banque à l’international.
Avec un total de 60 M € d’autorisations de crédit fin 2008, nous prêtons à 21 institutions de microfinance dans 12 pays. Cela signifie le financement indirect de 400 000 emprunteurs, soit un impact social de plus de 2 millions de personnes en comptant les familles. De plus, BNP Paribas distribue à sa clientèle de détail en France le fonds Obli Etheis, qui comprend une poche de 5 à 10 % de microfinance, ce qui lui a permis d’avoir le label Finansol en décembre 2008.
Où allons-nous ? Responsabilité sociale et équilibre économique
Dans une perspective de responsabilité sociale mais en mode business, BNP Paribas vise à soutenir par son expertise financière le développement de la microfinance dans le monde. Par exemple, nous animons le comité de microfinance d’Europlace, visant à faire de Paris une place financière innovante en matière de fonds de microfinance. Nous explorons avec CIB Fixed Income une solution novatrice pour la couverture du risque de change (monnaies de pays émergents) des institutions de microfinance. Avec Cardif, qui a déjà 300 000 clients en micro-assurance en Inde, nous explorons une nouvelle frontière complémentaire du microcrédit.
La microfinance est aujourd’hui confrontée à deux défis. D’une part, un défi déontologique. Un récent reportage d’Envoyé Spécial a montré des déviations de la microfinance : surendettement, taux d’intérêt excessifs, prêts à la consommation et non à l’investissement. En 2005, la presse faisait de la microfinance un outil magique d’éradication de la pauvreté. Aujourd’hui, la même presse critique la microfinance et brûle ce qu’elle avait hier adoré. Parce que nous sommes particulièrement sensibles à de tels risques, nous travaillons en partenariat avec des réseaux reconnus pour leur impact social. Nous avons, dès le début, introduit des indicateurs sociaux dans l’analyse de nos partenaires à coté des classiques indicateurs financiers. Nous avons été parmi les premiers signataires de la charte du CGAP, une institution de la Banque Mondiale, concernant la protection des clients de la microfinance.
L’autre défi de la microfinance est celui de la crise économique et financière. Cette crise profonde, qui touche moins les pays émergents que les pays développés, signifie une réduction de la liquidité des institutions de microfinance et une légère montée du risque. Dans un environnement perturbé, la microfinance reste globalement saine et notre politique sélective du choix de nos partenaires nous a permis jusqu’à présent d’éviter toute perte.
En Chinois, crise signifie opportunité. La crise actuelle ouvre des opportunités importantes à la microfinance, en particulier en France et en Europe. C’est à nous, banquiers responsables, de savoir saisir et soutenir ces opportunités, tout en étant conscients des nuages qui assombrissent l’horizon de la microfinance.















Je suis particulièrement content d’être un client de BNP Paribas en prenant connaissance de cette action.
Il serait sans doute opportun de mieux communiquer là dessus: par exemple auprès de clients ciblés. Sans pour autant pervertir l’idée de base!
Continuez!