Notre visite du Népal nous aura laissé un merveilleux souvenir, mais surtout, il nous aura fait comprendre à quel point la microfinance peut s’avérer essentielle pour les Népalais.
Le territoire népalais est découpé en trois zones distinctes : l’Himalaya au nord, les collines au centre, et les plaines du Teraï au sud. La microfinance s’est principalement développée dans les plaines. Pourtant, 40% des Népalais vivent dans les collines, c’est pourquoi, les IMF (Institutions de Microfinance) commencent à développer leurs activités.
Il existe au Népal 13 banques de microfinance, 47 FINGOs et 4000 coopératives.
Les FINGOs sont des ONG habilitées à faire du microcrédit, tout en fournissant des services non financiers, comme des formations.
Les coopératives ne font que du microcrédit. Elles ne gèrent aucun autre service.
Il faut savoir qu’il existe un très grand nombre de demandes de microcrédits, et beaucoup ne peuvent pas être satisfaites d’une part à cause de la situation géographique des demandeurs, et d’autre part à cause d’un cruel manque de moyen.
La situation peut se trouver inversée : certains Népalais les plus pauvres des zones rurales ne se voient pas devenir microentrepreneurs, parce qu’ils ne considèrent pas leurs activités agricoles comme une entreprise à développer avec des considérations commerciales.
Un autre problème est à souligner : le surendettement. En effet, de nombreux microentrepreneurs ont recours à de nombreux microcrédits dans différentes IMF et se voient rapidement dans l’incapacité de rembourser. Les IMF ne sont pas très regardantes sur les dossiers des futurs microentrepreneurs et se livrent à une véritable concurrence !
A Katmandou, nous avons pu rencontrer plusieurs personnes directement impliquées dans ces sujets, dont Harihar Dev Pant, considéré comme le père fondateur de la microfinance au Népal, et président de la Banque de MF Nirdhan Utthan Bank, première institution à allouer des microcrédits aux femmes pauvres des zones rurales.
D’abord FINGO, Nirdhan a été séparée en deux entités distinctes cinq ans après sa création en 1993 : la Banque de microfinance et l’ONG, pour mieux gérer les deux secteurs que sont les activités financières et non financières.

Nous nous sommes également entretenus avec la vice-présidente de Manushi, Ambika Pradhan, et la présidente de WEAN (Women Entrepreneurs Association of Nepal), Rita Bhandary.
Ces deux IMF sont des FINGOs, qui ont notamment pour vocation de ne prêter qu’aux femmes, considérées comme « les plus pauvres» au Népal. A l’argent s’allient des programmes de formations et des comptes d’épargne auquel souscrivent les clientes, dont l’argent leur est reversé au sortir du programme de microfinance, méthode la plus sûre et qui enregistre le plus de succès.


Enfin, nous nous sommes rendus au siège du RMDC (Rural Microfinance Development Center) pour y rencontrer Shankar Man Shrestha, le responsable en chef.
Le RMDC est une des plus grandes banques de financement du Népal, qui s’occupe notamment de financer 80 IMF de toutes sortes (ONG, coopératives, banques…) qui à leur tour financeront les personnes les plus démunies, notamment dans la région du Teraï.

Nous retiendrons de ces interviewes que la microfinance est très présente au Népal, notamment dans la région du sud, et qu’elle représente un enjeu très important pour le soutien au développement des entrepreneurs. Développement de leur entreprise, mais aussi et surtout de leur niveau de vie.
Effectivement, même s’il existe des logiciels pour mesurer la « performance sociale » de la microfinance, la preuve se fait surtout par des actions et des détails forts au Népal : augmentation des revenus des clients, accès à plus de nourriture. Et surtout, la possibilité d’envoyer les enfants à l’école !







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