Choc, émerveillement, difficulté : la République de l’Inde, foyer de civilisations parmi les plus anciennes, ne peut qu’éveiller des sentiments très forts, voire extrêmes. En tout cas, elle ne laisse jamais indifférent.

Nos jeunes reporters, après l’étape du Népal, ont traversé l’Inde, du Nord vers le Sud, pour continuer leur aventure à la découverte des IMF (Institutions de Microfinance) et de leurs bénéficiaires.
L’Inde aura été inoubliable et surnaturelle au bord du Gange, ou à Orrcha, ancienne cité moghole « envahie par la végétation », ou bien encore à la vue du Taj Mahal, « symbole d’amour scellé pour l’éternité ». Mais c’est aussi un pays pollué et insalubre, à Delhi, capitale indienne, ou à Goa.
Pauvreté, maladie, foule : le nord de l’Inde ne leur a pas laissé de bons souvenirs.

 Et c’est seulement une fois à Mumbai (Bombay), capitale économique de la République de l’Inde, que leur est apparue clairement la raison pour laquelle le pays est en passe de devenir l’un des « acteurs majeurs du 21e siècle ».

L’Inde est un pays précurseur en ce qui concerne la microfinance.
Il y existe déjà des règles et des lois spécialement conçues pour tout ce qui touche au microcrédit : ainsi, seules les banques commerciales peuvent recevoir l’épargne des clients, il n’y a donc pas de microépargne associée au microcrédit comme c’est le cas au Népal ; en revanche, les IMF peuvent assurer  leurs clients le temps que dure le microcrédit. Enfin, il n’y a en Inde que des banques de microfinance, pas de FINGO (ONG habilitées à faire du microcrédit, tout en fournissant des services non financiers, comme des formations) comme au Népal.

Historiquement, c’est dans les régions du Sud que se trouvent les IMF. Toutefois, certaines parmi les plus importantes se tournent vers le Nord et commencent à y exercer, la demande y étant aussi très forte. En effet, seules les IMF les plus solides peuvent supporter le risque lié à ces zones : l’enclavement ainsi que la dispersion des populations entraînent des coûts de transaction élevés qui vont rendre l’équilibre financier plus difficile à atteindre.
Les IMF que nos reporters ont rencontrées, Satin à Delhi et Bandhan à Mumbai, opèrent toutes 2 dans le Nord, essentiellement en milieu rural, où elles font face au quotidien à des problèmes tels que la « faible densité de la population, des infrastructures défaillantes, ou encore le mauvais état des routes »…
Le principe de fonctionnement est sensiblement identique à celui du Népal, où des groupes de bénéficiaires se forment de bouche à oreille, et au sein desquels chaque personne est solidaire des autres en cas de défaillance de remboursement du crédit. Le prêt est remboursé par des échéances hebdomadaires, sur 1 an ; cette solution est mieux adaptée au flux de revenus des emprunteurs.
Il faut noter que le taux appliqué à l’emprunt par Bandhan, qui est aussi présent dans le Sud, change d’une région à l’autre : à Mumbai il est de 15%, dans le Nord-Est il est de 12,5%.
Enfin, Bandhan et le groupe de microentrepreneurs situé à Sion que l’IMF a permis à nos jeunes de rencontrer, sont unanimes : tout le monde réussit à rembourser. « Notre taux de défaillance est de 0,1% » affirme Sauraw Kumar, de Bandhan.
Et près de 20 millions d’Indiens ont souscrit à un microcrédit grâce à Bandhan.

A la question de la technologie, et notamment du mobile banking, et de son utilisation dans le cadre des activités de Bandhan, Monsieur Kumar répond que l’Inde est toujours en phase de test, aussi, l’IMF ne décidera de n’y recourir qu’une fois ces technologies bien établies.
Toutefois, il affirme que « le mobile banking sera un sujet majeur dans les années à venir ».