« Hattha Kaksekar Limited »

L’IMF a été créée en 1994. Au départ, il s’agissait d’un projet du Cambodia-Canada Development Program pour aider les paysans à financer leur production. Après la dérégularisation de la Banque Centrale du Cambodge en 2000, les équipes et le programme ont changé de statut pour devenir une Banque de Microfinance. Aujourd’hui Hattha Kaksekar propose 3 produits à ses 50 000 clients, dont 70% habitent les zones rurales : le microcrédit, la microépargne et le transfert de fonds à l’intérieur du Cambodge (aucune licence n’existe pour faire des transferts internationaux).
Aux prêts groupés, l’IMF a préféré opter pour des prêts individuels, sur le modèle des banques commerciales (5% de prêts groupés seulement).

« Les clients ont changé leurs habitudes : avant les gens pouvaient attendre plusieurs heures dans l’agence parce qu’ils avaient besoin d’argent. Aujourd’hui, ils ne souhaitent plus attendre, sinon ils se plaignent. Le prêt de groupe, long à mettre en oeuvre, ne correspond pas à leurs besoins. Avec le prêt individuel, ils obtiennent les fonds le jour même ou le lendemain » explique Hout Ieng Tong, Directeur Général.

Selon Hout Ieng Tong, le principal frein au développement de la microfinance au Cambodge est le gouvernement, qui ne croit pas que la microfinance soit un outil efficace pour lutter contre la pauvreté. Or si le gouvernement encourageait les entreprises cambodgiennes et internationales à investir dans les infrastructures, encourageait les ONG à développer des projets pour transférer les technologies dans les zones rurales, alors l’environnement serait plus confortable pour que la microfinance puisse se développer avec efficacité. Hout Ieng Tong souligne également que les IMF cambodgiennes sont dépendantes des partenariats qu’elles signent avec les ONG et les entreprises privées.

Selon Hout Ieng Tong, la microfinance est efficace au Cambodge, elle remplit son contrat social : « Les 20 IMF du Cambodge qui ont une licence de la Banque Centrale ont une croissance continue, ce qui prouve que la microfinance marche bien au Cambodge. D’autre part, nos outils statistiques nous montrent que dans la plupart des cas, les revenus de nos clients augmentent après 1 à plusieurs crédits chez nous »

Angkor

En ce qui concerne les objectifs à court et long terme, Hattha Kaksekar envisage de développer des produits qui répondent mieux aux besoins des clients (microassurance, prêts pour l’équipement et prêts immobilier notamment). Hattha Kaksekar envisage aussi d’utiliser le mobile banking dans les années à venir. Notre interlocuteur croit en effet que les nouvelles technologies permettront de réduire le coût du crédit pour l’IMF, une réduction qui sera répercutée sur le taux d’intérêt, et qui servira donc mieux l’objectif social de la microfinance.

Hout Ieng Tong, avant de conclure « la chose la plus importante pour réussir en microfinance, c’est le contrôle systématique et régulier ».

Nous partons ensuite rendre visite à 2 microentrepreneurs dans un quartier “bidonville”de Phnom Penh

 

Phnom Penh, Cambodge : Mom Ishou, Microentrepreneur producteur et vendeur de légumes sur le marché (IMF Hattha Kaksekar)

C’est un homme très imposant, à la voix grave et au sourire rassurant qui nous accueille dans sa petite maison au bord du lac. Il a entendu parler pour la première fois de microfinance grâce à la promotion de l’IMF Hattha Kaksekar, et depuis ne cesse de recommander l’institution à ses voisins. Comme il est très respecté dans le village, lorsqu’il parle de la microfinance, ses amis suivent ses conseils. Pourquoi ce qui a marché pour lui ne marcherait pas pour les autres? Notre interlocuteur connaît néanmoins des gens dans le village qui n’ont pas réussi à rembourser. Dans ce cas, l’IMF a été compréhensive, et la personne n’a eu qu’à rembourser les intérêts.

Mom Ishou a demandé trois prêts consécutifs : le premier prêt a été utilisé pour reconstruire sa maison, le deuxième pour acheter une moto, le troisième pour développer son activité. Nous sommes surpris par ces utilisations et en parlons avec l’agent de crédit. En effet, on retrouve ici l’idée du prêt à la consommation, qui n’est pas utilisé exclusivement pour développer une activité. L’agent de crédit se justifie par la nécessité d’avoir une maison en bon état et un moyen de transport viable pour conduire une activité rentable. Une frontière difficile à cerner, donc, entre un prêt pour l’entrepreneuriat et un prêt pour la consommation.
Pour conclure, notre interlocuteur se sent plus confiant vis-à-vis de l’avenir, parce que s’il a besoin d’un prêt, il sait que Hattha Kaksekar lui fera confiance et qu’il n’aura pas de mal à l’obtenir.

 

Les petits distributeurs sont les principales bénéficiaires de la microfinance en Asie du Sud Est

Phnom Penh, Cambodge : Sviti, Microentrepreneuse propriétaire d’une petite épicerie (IMF Hattha Kaksekar)

Sviti a entendu parler de microfinance en 2000, et a fait son premier prêt auprès de Hattha Kaksekar en 2006. Avec les fonds, elle a acheté un premier stock pour son épicerie, puis un petit bateau pour se déplacer plus facilement pendant la saison des pluies.
Elle a choisi Hattha Kaksekar parce qu’elle était attirée par la rapidité d’obtention d’un prêt. En effet, lorsqu’elle souhaite emprunter, elle peut obtenir les fonds en cash sous 24 heures.
Là encore, elle recommande Hattha Kaksekar à ses voisins et aux membres de sa famille. Comparée aux autres membres du village, elle pense que sa famille est développée, car le premier prêt lui a permis d’ouvrir une affaire prospère. Ses revenus sont donc réguliers.