Cette fois, c’est une nouvelle équipe de 4 jeunes étudiants à bord du bateau La Boudeuse, qui raconte son aventure humaine au travers d’un journal de bord plein de poésie.
Des récits de jeunes, qui se retrouvent partagés entre un quotidien difficile et merveilleux –faire la vaisselle en regardant l’océan -, et des découvertes extraordinaires qui leur font perdre « la notion de temps ».

Découvrez les morceaux choisis de ces jeunes chanceux :

Etienne Gernez : J’entends comme du vent dans mes oreilles…

« Après 2 heures de route passées à serpenter à travers la forêt et 2 heures de plus en pirogue entre la Guyane et le Brésil, j’ai rejoint La Boudeuse. Cela fait maintenant 5 jours que je suis parmi son  équipage, et j’ai complètement perdu la notion du temps. Peu importe quel jour on est, du moment que l’on est à l’heure pour le briefing journalier du capitaine, Patrice Franceschi.
Ma façon de garder les pieds sur terre au milieu de tant de découvertes, c’est de faire la vaisselle en admirant la vue sur l’ Océan Atlantique par le hublot de la cuisine. Si l’aventure s’invite même pendant les tâches ménagères, alors la vie est belle. »

Mélanie Théodore : Un roman d’aventure…

« La Boudeuse quitte l’embouchure de l’Oyapock pour rejoindre la base de Kourou. Elle a fière allure, voiles au vent. Sur le pont l’équipage s’agite. Il faut mollir l’écoute de grand voile, choquer la drisse d’artimon… Tout ce vocabulaire que je ne maîtrise pas ajoute au dépaysement. Il me semble que j’ai été projetée dans un roman d’aventure, tant les décors et les personnages qui m’entourent sont différents de ceux que je connais.
Première impression très positive. La première impression en question s’appelle Sébastien Lemoine, second lieutenant du bord: il nous fait la visite du navire et nous explique les règles qui vont structurer notre quotidien dorénavant. C’est ainsi que nous prenons place parmi l’équipage. Cela signifie bien sûr certaines contraintes: faire la vaisselle, la cuisine, le ménage, les cuivres (un pur plaisir les cuivres!)… Mais c’est aussi apprendre quelque chose de nouveau chaque jour : tenir la barre, lire une carte marine, faire des surliures, lover un bout… Et de toutes ces petites choses qui rythment les jours et nuits, la plus agréable, je trouve, est de prendre son quart la nuit, sous les étoiles… »

Xavier d’Aumale : 5 jours à vivre un rêve…

« Bordé par le Brésil d’un côté et la France de l’autre, le fleuve Oyapock ne semble reconnaître qu’un seul occupant, la jungle. Sa densité impose et je tente, alors que nous descendons le fleuve en pirogue pour rejoindre son embouchure, de discerner les multiples sensations qui m’habitent. Je ne peux m’empêcher de penser à la chance unique que j’ai de vivre cela.
Une nuit plus tard, le mot tant attendu est prononcé : appareillage. Je rêvais de naviguer toutes voiles au vent sur ce splendide navire et il semblerait que le vent m’ait entendu puisque le Capitaine annonce quelques douze heures de navigation. La participation aux manÅ“uvres est tout simplement extraordinaire. C’est absolument fabuleux de sentir graduellement le bateau prendre de la vitesse alors que les voiles accueillent en leur sein un vent modéré mais suffisant pour fendre la mer à 10 noeuds. »

Oriol Font Casaseca : Ma valise des grands souvenirs…

« Et voilà qu’après quelques jours intenses, les deux grands apprentissages arrivent : le premier concerne les règles particulières de l’aventure, chaque petite action dans un milieu comme l’eau ou la jungle engendre inévitablement de grands effets, et la manière d’agir dans cet environnement vient de l’expérience. Le deuxième est proche du premier : chaque personne compte dans le groupe, et pour que ça marche il faut respecter les rôles de chacun, on ne peut pas diriger un bateau si tout le groupe ne se coordonne pas pour faire l’effort nécessaire tous ensemble. Commencer une traversée depuis 6 heures du matin jusqu’à la nuit avec le mal de mer et se reposer seulement pour récupérer les forces indispensables pour pouvoir continuer n’est pas possible, si ce n’est grâce à la pensée que tout le groupe est aussi fatigué et qu’on ne peut pas l’abandonner.
Le projet de La Boudeuse est aussi une aventure adulte, car il assume les conséquences de ses actions, une grande équipe de personnes sur le bateau et à l’arrière qui rassemblent leurs efforts pour que ça bouge. »