Les Philippines, ou la dernière grande étape de notre aventure asiatique. Cet archipel de 7000 îles est une destination idéale pour quitter le continent tout en douceur. Car si géographiquement le pays est en Asie, il est culturellement tout à fait à part. Un mélange détonant de culture asiatique, européenne et américaine, lui confèrent une saveur toute particulière. Les philippins sont majoritairement catholiques, forts de l’occupation espagnole pendant plusieurs siècles, et une grande partie de la population considère l’anglais comme leur seconde langue. Il n’est donc pas difficile de voyager dans ce pays « américanisé », d’autant que les habitants sont d’une gentillesse – et d’une joie de vivre ! – épatante. Il est facile d’y faire des rencontres sans se limiter aux politesses d’usage, et la beauté et la variété des paysages ne laissent que l’embarras du choix au visiteur non averti. Alors, par quelle île commencer?

C’est tout naturellement que nous débutons notre séjour à Manille, la capitale, une mégalopole de plus de 11 millions d’habitants, où nous avons un premier entretien de microfinance peu après notre arrivée, avec l’Institution de Microfinance (IMF) Proximity Funding Philippines Foundation (PFPF).

L’entretien suivant aura lieu dans les îles Negros, au Sud. Nous sommes à ce stade encore incertains quant à un troisième entretien à Manille. Cette situation est assez dérangeante, car nous ne pouvons pas nous permettre de prendre nos vélos pour parcourir l’île de Manille – Luzon – sans la réponse de cette hypothétique troisième IMF. Dans le projet Finance Tout Terrain, la microfinance passe avant le reste, et rater un entretien parce que nous sommes sur les routes sans Internet serait une grave erreur. Nous restons donc à Manille quelques jours – dans le quartier assez « glauque » de Malate – sans nouvelles sérieuses, nous décidons de partir pour Banaue, dans la région des Ifugao. Banaue, vous l’avez sans doute déjà vu en photo sans avoir pu mettre un nom dessus. Autour de ce petit village perdu au Nord de Luzon s’étendent les plus belles rizières en terrasse du monde. Oui, les plus belles! Ce n’est pas faute d’avoir vu des quantités de rizières ces 5 derniers mois, celles-ci nous ont littéralement coupé le souffle. Nous optons pour un trek de 2 jours, très sportif, avec un guide philippin répondant au doux nom d’Helmert.

Passages dans des forêts tropicales, marches funambulesques dans des rizières de plus de 2000 ans, empilées en terrasses sur des centaines de mètres de haut, baignades à l’improviste dans des rivières et des cascades, traversées de petits villages construits à la verticale, auxquels les maisons en bois, les animaux domestiques et le peuple Ifugao confèrent un charme indéniable…tout s’enchaîne si vite, nous réalisons à peine la chance que nous avons de vivre cette aventure.
Nous avons même droit à une chorale nocturne d’enfants – rien que pour nous trois ! – à Cambulo, le petit village dans lequel nous passons la nuit. Lorsqu’il nous faut chanter à notre tour, nous avons du mal à rivaliser.

La « tradition » veut que les visiteurs offrent du tabac aux adultes, et des bonbons aux enfants. Ces derniers ont été plus que servis. Quant au tabac…il a dégringolé d’une falaise sans que l’on s’en rende compte. Cela ne nous a pas empêché de sympathiser avec les Ifugao, qui aiment se retrouver la nuit tombée pour discuter et chanter…de la musique country! Les écouter jouer Johnny Cash, Bob Dylan et Neil Young dans un environnement aussi typique a de quoi chambouler les idées reçues.
Une expérience inoubliable!

Après ce trek, et juste avant de partir pour les îles Negros dans le cadre de notre entretien, nous faisons une halte à Sagada, un village de montagne difficile d’accès – nous prenons la route sur le toit d’un jeepney, le bus local.

Là, nous passons un après-midi… dans une grotte naturelle. Nous nous frayons un chemin entre les dédales de pierres, les salles obscures et immenses infestées de chauve souris, les tunnels inondés où le niveau de l’eau atteint le torse, une aventure interdite aux claustrophobes. Une fois notre besoin d’émotions fortes satisfait, nous entreprenons de rentrer à Manille, pour prendre notre avion vers les îles Negros – toujours pas de nouvelles de la fameuse troisième IMF. Il faut parfois savoir renoncer.

Heureusement, notre visite de l’IMF Negros Women for Tomorrow Foundation (NTWF) fait partie des plus intéressantes et des plus conviviales que nous ayons faites.
Bacolod ne présente en revanche aucun intérêt particulier. Nous passons les deux jours suivants sur les îles Negros, puis rentrons pour la tentaculaire Manille afin de prendre notre prochain avion.

Ce dernier nous arrachera à cette Asie que nous avons tant aimée, et qui nous a si bien initié au voyage. Maintenant, et sans regret, cap sur la Nouvelle-Zélande!!!