Rencontre avec 4 micro entrepreneurs à Manille et ses environs :
•   Madame Amor Tan, gérante d’un business de glace pilée :
L’histoire de Madame Tan est un exemple frappant du succès de la microfinance. En 2001 elle emprunte 6 000 pesos (100€) à Proximity pour développer un petit business de glace pilée qu’elle vend aux marchés du sud de Manille.
Devant le besoin croissant de livrer les marchés en glace, elle et son mari souscrivent un prêt de 7 200 pesos (130 €) en 2002 puis 20 000 pesos (340 €) en 2003. Aujourd’hui ils remboursent leur 8ème emprunt à Proximity!
La famille Tan a le sens du business et, en 2003, ils décident d’améliorer leur système de distribution des marchés. Ils empruntent 122 000 pesos (environ 2000 €) pour acheter un camion de livraison. Puis c’est un van qui est acquis en 2004 grâce à un prêt de 214 000 pesos (plus de 3500 €) de la fondation.
Les affaires marchent bien, et les Tan embauchent 5 personnes pour travailler dans le dépôt de glace pilée. Grâce à l’argent mis de côté ils achètent un petit entrepôt pour sécuriser leur activité. Les ventes sont passées de 12 600 pesos en 2001 à 78 000 pesos en 2008!
Et ils ne s’arrêtent pas là ! Entre 2006 et 2008 ils acquièrent un terrain et une maison d’une surface de 60 m² grâce à un prêt de 203 000 pesos. Grâce à leur stabilité financière, ils ont pu envoyer deux enfants à l’école jusqu’à un niveau universitaire.
Aujourd’hui ils disposent d’un compte épargne chez Proximity ainsi qu’un compte chez Metrobank (une banque philippine) où ils possèdent plus de 400 €.

•   José Martinez, chauffeur de tricycle :
José Martinez s’est adressé à Proximity la première fois dans le but d’obtenir assez d’argent pour acquérir une maison et ainsi économiser le coût de la location d’un logement. Il faut savoir qu’à Manille la location est extrêmement coûteuse et qu’en devenant propriétaire on gagne à la fois de l’argent et de la stabilité.
Le second prêt souscrit par Monsieur Martinez s’élève à 157 000 pesos (environ 2500€) et lui permet d’acheter un second tricycle. Pour obtenir son prêt, il laisse en garantie le tricycle acheté ainsi que le tricycle dont il était déjà propriétaire.
Les Martinez peuvent désormais louer un de leur véhicule et accumuler une rente supplémentaire : entre 6000 et 7000 pesos de plus par mois. L’impact est conséquent car les revenus de la famille augmentent ainsi de 25%.
Bien qu’il n’ait jamais eu d’expérience de prêt avant d’entrer chez Proximity, José Martinez n’a eu aucun problème pour rembourser ses emprunts. Mieux, il réussit même à rembourser le second prêt en avance sur le planning.
De plus grâce à l’argent mis de côté, les Martinez ont pu améliorer leur conditions de vie en agrandissant leur maison.
•   Teodora Nolido, éleveuse de porcs et vendeuse de légumes :
Elle a débuté en 1999 avec un prêt de 3000 pesos (50 euros), puis un prêt de 5000 pesos (80 euros) la deuxième année. Son mari ne travaille pas, c’est donc elle qui gère l’affaire familiale. Ses trois enfants vont à l’école. « Mon business est mieux par rapport à ce qu’il était avant. J’élève des porcs et je cultive quelques légumes. Cela aide réellement ma famille ». Si elle a besoin d’argent supplémentaire pour l’école de ses filles, elle retirera de l’argent de son compte épargne auprès de NTWF. Elle verse de l’argent toutes les semaines pour le « microinsurance package », qui comprend à la fois une assurance santé et une assurance-vie. Notre interlocutrice est également chef du centre de clientes de son village, qui comprend une cinquantaine de membre. Elle a suivi à cet effet une formation à l’organisation de réunion, la préparation d’un ordre du jour…Mais aucune formation en terme d’éducation financière malheureusement (ce programme est encore en phase de pilote chez NTWF). « J’aimerais suivre ce type de formation » nous confit-elle.

•   Angelica Begasa, gérante d’une épicerie :
Avant l’arrivée d’un agent de crédit de NWTF dans son village, Angelica et sa famille faisait pousser du riz. Elle a été séduite par la proposition de l’IMF et souhaitait souscrire un premier prêt de 12 000 pesos (200 €) pour l’ouverture d’une épicerie dans le village. Après discussion avec le branch manager de NWTF, c’est finalement 18000 pesos (300 €) qui seront empruntés.
Avant son second prêt, Angelica discute avec l’agent de crédit d’un nouveau projet: elle souhaite acheter des terrains et les sous-louer. Elle obtiendra un prêt de 25 000 pesos (environ 420 €) qui sera investit à la fois dans l’achat d’une ferme et de terrains, dans l’acquisition d’une machine et dans l’agrandissement de son épicerie.
Le montant de ses emprunts a augmenté graduellement en même temps que son niveau de vie s’améliorait. La microfinance lui a permis de se lancer dans plusieurs activités, et, aujourd’hui elle réfléchit à emprunter une troisième fois à l’IMF pour acheter un tricycle (moto-taxi).
En parallèle de ses emprunts, Angelica verse 22 pesos (30 centimes) par semaine pour bénéficier du « microinsurance package ».
Notre micro entrepreneuse se montre très confiante vis-à -vis du futur et très satisfaite de s’être engagée avec NWTF: ses revenus trimestrielles sont passés de 2000 pesos (40 €) à 15 000 pesos (230€). Mais elle nous met en garde: « si vous n’avez pas une bonne idée de business, ne faites pas un prêt de microfinance! »














