Depuis le début, nous considérions la Nouvelle-Zélande comme une étape charnière de notre tour du monde. En effet, à partir de maintenant, nous nous rapprochons constamment de chez nous. D’autre part, 6 mois déjà, soit la moitié, se sont écoulés depuis le Népal.
Enfin, nous quittons par la même occasion – et pour la première fois – les pays dits «du Sud», et retrouvons non sans appréhension les joies du monde occidental. Au pays des kiwis, surtout, nos parents nous rendent visite, et nous nous séparons tous les trois pendant une dizaine de jours, chaque famille partant de son côté pour une visite de la merveilleuse île du Sud. Outre le plaisir de retrouver les personnes qui nous sont chères, leur présence nous permet de profiter d’un confort que nous ne connaissions plus depuis longtemps. Merci!
Une fois ces derniers partis, nous nous lançons dans une étape à vélo d’une dizaine de jours, qui, elle, s’intègre parfaitement au projet FTT : Wellington–Auckland, dans l’île du Nord, 700 km.

Les premiers jours, les conditions ne sont pas idéales pour le vélo – trafic, vents violents, pluie, paysages se réduisant à des zones industrielles. Nous nous souvenons d’un déjeuner au réchaud dans des toilettes publiques en pleine tempête, le moral dans les chaussettes.
Heureusement, nous changeons rapidement de route pour nous retrouver dans la campagne néo-zélandaise, avec ses lots de vaches, moutons, montagnes et champs à perte de vue comme on les imagine. Règnent alors une quiétude et une sensation d’espace enivrantes !
Pas de problème de vélo constaté, simplement un genou tendineux chez Ben, rapidement soigné. Les nuits? Sous la tente, dans le jardin de néo-zélandais – très accueillants – si possible. A noter que le premier soir, nous avions paisiblement planté notre tente en camping sauvage sans savoir qu’une violente tempête avait été annoncée par la météo. Un passant, en nous conseillant d’aller dans un camping protégé, nous a évité une nuit de cauchemar! Nous rejoignons le Tongariro National Park, au centre de l’île, en 5 jours. Sa renommée nous convint d’y rester pour une journée de « repos ».

La marche que nous y faisons, considérée comme « la meilleure marche d’une journée au monde », nous laisse absolument stupéfaits. Paysages lunaires, escalade particulièrement physique d’un volcan de 2200m, lacs émeraude et turquoise. Sans aucun doute un des points fort de la Nouvelle-Zélande, si ce n’est du tour du monde. Pour les aficionados, Peter Jackson, le réalisateur du « Seigneur des Anneaux», a choisi ce parc comme décor pour le « Mordor ».
Au final, la journée est plus fatigante encore que 100 bornes passées sur nos montures, et c’est avec des courbatures à peine imaginables que nous reprenons la route pour Auckland.

Quatre jours et trois nuits de plus, mais nous ne plantons la tente que deux fois. En effet, à la fin du deuxième jour, nous sommes invités à dormir chez des Néo-Zélandais, à qui nous avions demandé de nous prêter une parcelle de terrain pour la nuit. Nous recevons une vraie
leçon d’hospitalité chez Barrie et Diane, à qui nous contons des anecdotes de voyage autour d’une viande grillée et d’une bouteille de vin néo-zélandais – l’un des meilleurs du monde!
Le neuvième et dernier jour, à l’approche d’Auckland, nous nous frayons un chemin entre les zones industrielles et avons un mal fou à trouver le centre-ville de la capitale économique du pays. Un tiers de la population y a trouvé résidence, soit 1,5 millions d’habitants –effectivement, le reste du pays est pour ainsi dire vide. Nous y sommes accueillis par deux étudiants de l’ESSCA, et avons à peine le temps de visiter. Deux jours après notre arrivée en fanfare, déjà, nous prenons notre avion pour le Chili!
Ces neuf jours de vélo consécutifs auront été particulièrement éprouvants pour nous 3, mais nous partons pour l’Amérique du Sud avec un réel sentiment d’accomplissement.














