Avec les membres de FIE Gran Poder, nous passons toute une journée dans différents quartiers défavorisés de Buenos Aires, où nous rencontrons deux microentrepreneurs.
Monsieur Pedro David Zoran, boulanger, marié et père de 4 enfants.
Lorsque Pedro et sa famille arrivent à Buenos Aires en 1989, il est bien décidé à obtenir une meilleure vie en Argentine: « Nous étions des immigrants boliviens avec la volonté de s’en sortir. » Rapidement, il se rend compte que les gens de sa communauté ont besoin de retrouver à l’étranger quelques habitudes de la Bolivie. Le pain Bolivien était notamment un produit qui manquait à ses compatriotes. Il saisit sa chance et avec sa
femme, ils débutent une petite production de pain: « Au début nous avions un four traditionnel en brique, nous produisions très peu ».
Mais l’entreprise se développe peu à peu et après 4 ans, la boulangerie familiale est capable de produire différents types de pain et en quantité plus importante.
Pourtant ça ne suffit pas à Pedro, il voit les choses en grand et il souhaite investir dans un four industriel, mais il n’a pas le capital nécessaire pour son investissement. « Nous nous sommes rapprochés des gens de FIE et ils ont accepté de nous épauler pour acheter une machine et des matières premières, et à partir de là, nous avons vraiment commencé à grandir : on n’utilisait plus 10 kilos de farine par jour mais 1 quintal! »
Une fois le four en brique remplacé par le four traditionnel, tout va très vite pour la boulangerie de Pedro. Le lieu de production se fait un peu petit, et il décide de l’agrandir avec l’aide de FIE. Ensuite c’est sa maison qui est trop juste pour ses 4 enfants, alors il emprunte à nouveau pour construire un étage. Puis il investit dans d’autres machines pour industrialiser son unité de production, il achète des congélateurs pour pouvoir stocker ses matières premières, une camionnette pour pouvoir vendre sa marchandise, toujours grâce au microcrédit et à l’appui de FIE.
« Aujourd’hui, grâce à Dieu et grâce à la boulangerie, trois de mes enfants étudient la médecine. »
Madame Yolan Silva, gérante d’une épicerie, célibataire sans enfant.
Infirmière de formation, Yolan a immigré en Argentine depuis le Pérou car elle ne trouvait pas de travail. Une fois à Buenos Aires, sa situation ne s’améliore malheureusement pas et elle a des difficultés à joindre les deux bouts. Elle doit trouver un second emploi pour subvenir à ses besoins mais elle refuse de travailler pour quelqu’un. Elle transforme donc une partie de sa maison en petite épicerie et lance son activité avec un capital de 280 pesos (environ 55€). Une de ses amies, lui parle d’une entreprise d’origine bolivienne qui propose des prêts aux commerces du quartier. « Je leur ai tout de suite dit que je n’avais pas de papiers argentins mais ils m’ont quand même bien reçu et ils sont venus voir mon épicerie. »

Yolan reçoit un microcrédit et la relation s’installe petit à petit entre la commerçante péruvienne et l’IMF : « Je remboursais un prêt et j’en faisais un autre. Comme ça mon commerce se développait. »Elle agrandit son magasin, elle achète des balances, des congélateurs, des frigos.
«Je suis une miraculée, ma vie a changé à 100%» nous explique t-elle. « Rien n’a été facile, tous les jours j’ai travaillé et travaillé… L’argent on ne te le donne pas, il faut le rembourser. Mais je voyais les changements à chaque crédit, et je continuais de m’en sortir! »
Yolan a beaucoup de caractère et elle trouve la force de travailler dans sa volonté d’être indépendante.
On sent que la commerçante éprouve énormément de respect pour FIE. Non seulement pour l’aide financière mais également pour tous les conseils que l’agent de crédit a pu lui donner. Yolan amène souvent des voisins dans l’agence de l’IMF pour qu’ils se rendent compte de l’utilité de la microfinance : « Parfois je me porte même garante pour mes amis ».
Elle va terminer de rembourser son prêt en novembre prochain et va emprunter encore une fois mais 10 000 pesos (2000 €) cette fois-ci: « Je vais construire un étage au dessus de mon magasin et je vais louer des chambres. Quand je n’en pourrai plus de travailler, j’embaucherai une personne, je la surveillerai de cette chaise et je vivrai de la location des chambres! »














