Après le Chili, FTT s’attaque à l’Argentine! Un pays immense, 8ème du monde par la taille s’étendant sur près de 4000 km du Nord au Sud, et présentant une incroyable variété de climats et de paysages : des sommets de la Cordillère des Andes à l’Ouest, aux nébuleuses de la jungle au Nord Est, en passant par le désert de la Pampa au Centre, les étendues glacières de la Patagonie au Sud, et les grandes métropoles sur les rives du Rio Parana  et du Rio del Plata, à l’Est. Cap sur un pays irrésistible, un pays d’art, de vin, de culture, de football, de gastronomie…et de fiestaaaa!!!

Notre aventure commence à Mendoza, à l’Ouest, reconnue dans le monde entier pour ses vignobles et sa situation géographique extraordinaire, au pied de la Cordillère. Nous n’avons pas vraiment le temps d’en profiter, et nous nous lançons rapidement sur les routes « pampesques » à vélo. Objectif : 600 km jusqu’à Cordoba. A peine les premiers « pueblos » passés, nous nous retrouvons en plein désert. Nous n’avions pas vraiment prévu le coup, et nos bouteilles d’eau se vident dangereusement. Nous passons notre première nuit sous la tente derrière des arbustes sur le bord de route. Autour de nous, du sable, du sable…et encore du sable.

Une soif qu’on aimerait bien étancher se fait sentir, mais mieux vaut ne pas y penser. La nuit dans le désert offre un ciel magnifique qui nous émerveille. Le lendemain, nous trouvons un magasin dans un « pueblo » sorti d’un Western, où un bienveillant aubergiste nous annonce que, sur les prochains 200 km, nous n’aurons pas la chance que nous avons eu aujourd’hui : « Nada, nada de nada ». Nous prévoyons le coup et chargeons les vélos à outrance avec de l’eau et des pâtes.

Effectivement, nous vivons les deux jours suivants avec nos réserves. L’eau en vient presque à manquer quand nous arrivons enfin dans une ville qui nous semble une métropole (1000 habitants). Ces deux jours à pédaler comme des dératés dans le désert, à camper au milieu des nids de serpents et à vivre dans le silence exaltant de la Pampa nous laisse un souvenir inoubliable. Rarement nous nous sommes sentis aussi seuls, livrés à nous même. Il faut avancer, sans cesse, la route nous met à rude épreuve, la chaleur et la monotonie sont parfois abrutissantes, mais l’environnement en vaut la peine.
C’est l’aventure!

Et au désert succède la Sierra (cordillère) de l’Alta Cumbre. Une chaîne culminant à plus de 2000m, qu’il nous faut grimper : 6O km de montées, parcourues non sans difficultés, en une journée. Au sommet, nous trouvons un simili d’Altiplano bolivien, une caricature de végétation gelée qui contraste avec notre bonne vieille Pampa.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, à 2000m, nous sommes sur du plat. Et c’est le moment de se faire plaisir, nous passons la nuit dans une auberge proposant fromage, vin et saucisson : nous sommes presque à la maison.

Le lendemain, une descente hallucinante nous attend! Plus de 50 km de paysages éblouissants sur la vallée en contrebas, et pas n’importe laquelle : celle de Cordoba, notre objectif, à pleine vitesse! Nous sommes presque euphoriques en traversant la banlieue, heureux d’avoir atteint notre premier objectif avec succès.
Et profitons pendant 3 jours du savoir-vivre argentin, dans cette ville considérée comme la capitale culturelle de l’Amérique du Sud. Son décor colonial, ses ruelles piétonnes, ses terrasses fourmillantes, et la chaleur légendaire des argentins que nous commençons à apprécier, tous les éléments sont réunis pour nous redonner des forces avant l’étape suivante : Buenos Aires.

Buenos Aires, la capitale argentine qui en fait rêver plus d’un, et nous ne faisons pas exception. Happés par l’attraction irrésistible que cette ville exerce sur tout le pays (le continent?), nous nous aventurons nez dans le guidon sur la terre des « gauchos », les cowboys argentins. Notre première étape sera Rosario, à 500 km. Vous connaissez peut être Rosario de par les illustres personnages qui y ont vu le jour : Che Guevara, emblème de la lutte révolutionnaire, et Lionel Messi, superstar du football contemporain.

Malheureusement, ces huit jours de campagne n’auront rien de vraiment passionnant. Au contraire, les champs qui se succèdent, les routes rectilignes, et surtout, surtout, le vent violent, nous sapent le moral.
Abrutis par la monotonie, il nous arrive de nous morfondre. Chaque coup de pédale devient insupportable. Mieux vaut jeter les vélos sur un camion, et espérer que ce camion nous prenne avec lui, et qu’on arrive en vitesse, et qu’on profite du luxe de la civilisation, et qu’on n’en parle plus.
Mais non, certains plaisirs nous font oublier la difficulté – morale! – de cette étape : un barbecue dans un pueblo, un passage rapide sur une chaîne de télévision locale, et mine de rien, quelques discussions entre amis sur nos vélos, en baissant le rythme, et en nous rappelant que nous n’avons pas signé pour des vacances, mais pour un défi.

Huit jours donc, qui culminent par un passage forcé dans une banlieue chaude de Rosario, et par 200 km d’autoroute pour le moins désagréables. Nous sommes heureux d’apercevoir les premiers buildings de Buenos Aires, qui regroupe 1/3 de la population du pays.
Nous nous accordons plusieurs jours pour entrevoir le charme de la capitale argentine. Electrique, explosive, elle surprend par son inimitable vie nocturne et par la variété de ses « barrios », ses quartiers. Se balader au pied des bâtiments coloniaux du Microcentro, flâner dans les ruelles pavées du bucolique San Telmo, admirer une performance de Tango – sensuel et hypnotisant – à La Boca, apprécier les restaurants et les bars de Palermo, visiter les musées de Ricoleta et de Retiro, il y a tant à faire dans cette ville qu’on se demande tous les trois s’il ne vaudrait pas mieux y vivre, tout simplement.
Cette fantaisie atypique cache néanmoins une misère extrême, dès lors que l’on s’écarte du centre-ville.
Aussi difficile que cela puisse paraître, Buenos Aires n’est qu’une étape. Nous prenons un ferry pour Colonia del Sacramento, en Uruguay. Le voyage continue…

Classé à l’UNESCO, ce petit port niché sur le Rio del Plata est l’occasion de retrouver un zeste d’atmosphère européen.
Pavé, tranquille, en bord de mer, encombré par les coccinelles, son centre-ville est un voyage hors du temps.
Néanmoins, nous partons rapidement à vélo pour Montevideo.
Nous y entrons par l’autoroute, et à pied, la roue arrière de Ben étant partie dans l’au delà à 5 km de l’agglomération. Nous y restons deux jours, le temps de visiter la capitale uruguayenne.

Et notre voyage au Sud de l’Amérique du Sud s’arrête ici! Nous prendrons un bus jusqu’à la Bolivie, où nous continuerons à vélo. Mais avant, il serait criminel de ne pas s’arrêter aux mythiques chutes d’Iguazu, les plus importantes du monde!