Le programme « Microfinance Sans Frontières » de BNP Paribas a récemment été dupliqué au sein de BNP Paribas Fortis. C’est dans le cadre de cette initiative que je me suis rendu comme 1er volontaire au Sénégal du 24 avril au 5 mai 2010, afin de soutenir, en collaboration avec SOS Faim, la Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Sénégal (FONGS).

Depuis 4 ans, la FONGS met en œuvre un fonds d’appui aux initiatives rurales (FAIR) destiné à financer l’investissement des exploitations familiales et de leurs organisations économiques, s’appuyant sur un réseau de mutuelles liées à des associations de villages. Aujourd’hui, cette organisation fait face à un double défi : la montée en puissance du nombre de prêts et la mise en place d’un réseau de mutuelles d’épargne et de crédit, conséquence d’un durcissement de la nouvelle réglementation imposé par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Ces challenges devraient se traduire à terme par le choix d’un système d’information et de gestion (SIG) pour les mutuelles associés.

Le but de ma mission, pour soutenir ce fonds sénégalais était donc double : d’une part, professionnaliser le suivi de son portefeuille de prêts et, d’autre part, préparer la future mise en place d’un SIG. J’ai dû m’adapter à une culture et une organisation bien différente, où tout repose sur la confiance. Ma mission avait lieu au cœur du territoire sénégalais, à Thiès, ce qui m’a permis d’être rapidement plongé dans le quotidien de l’équipe du FAIR. Nous avons d’ailleurs visité deux mutuelles, en brousse, où j’ai pu comprendre la réalité du terrain : manque de matériel informatique sur place où l’ensemble des opérations financières sont écrites dans un cahier d’écolier, locaux et infrastructures défaillantes, pannes de courant quotidiennes, déficit en éducation et même analphabétisme des bénéficiaires. Face à ces challenges et au temps qui était compté, j’ai énormément travaillé, avec des gens dynamiques et motivés malgré les obstacles de leur quotidien.

Cette mission fût pour moi enrichissante, tant humainement que professionnellement, et de nombreuses avancées ont pu être réalisées ensemble. Elle m’a donné l’envie de continuer à les soutenir dans ce projet à fort impact social évoluant dans un environnement en mutation, en premier lieu dans les conseils et les recommandations que j’ai pu apporter dans le rapport que j’ai rédigé à mon retour, mais également en envisageant un retour sur place pour la mise en place future d’un SIG. Mon souvenir le plus marquant : mon premier repas pris en commun, par terre, autour d’un unique plat (très) épicé typiquement sénégalais, avec une cuillère…ou avec les mains, au choix! Les agriculteurs deviendront-ils des banquiers et les banquiers des agriculteurs ? Massa* comme on dit au Sénégal…

*massa : petit mot en wolof (langue parlée au Sénégal) pour remonter le moral.