L’AMI, ou Amicale Marocaine des Infirmes moteur d’origine cérébrale (IMC), a pour objectif la mise en place de centres d’accueil et de prise en charge pour les enfants, adolescents et adultes, atteints d’une infirmité motrice d’origine cérébrale au Maroc. Dans le cadre du développement de ses actions, l’Amicale vient de mettre en place le premier Centre d’Eveil Psychomoteur Intégré au sein de l’école El Idrissi de Casablanca. Ce centre permettra prochainement à environ 80 jeunes IMC, de 6 à 16 ans, ainsi qu’à leur famille, de bénéficier de services de proximité.

La chose la plus importante pour nous est de pouvoir mettre ensemble les enfants, qu’ils soient handicapés ou valides, au sein d’une même structure. Des classes spécialisées sont ainsi réaménagées et équipées, au sein de l’école ordinaire, et, en collaboration avec les instituteurs, des groupes d’enfants valides iraient dans les classes d‘enfants qui le sont moins, et inversement. Nous souhaitons particulièrement aider les enfants qui ont des capacités intellectuelles à évoluer, si leurs capacités physiques ne leur laissent pas  autant de facilités que les autres.

L’IMC, ou paralysie cérébrale, est une infirmité qui touche diverses régions du cerveau, chacune entraînant une ou plusieurs paralysies, ainsi que des troubles d’ordre cognitifs et sensoriels. De l’atteinte légère au lourd polyhandicap, l’IMC est très répandue et pourtant peu connue. En Europe, sur 2.000 naissances on compte 1 enfant IMC. Au Maroc, la proportion est encore plus alarmante avec 1 enfant IMC pour moins de 1.000 naissances. Cela est dû principalement au manque de suivi des grossesses et aux conditions de naissance souvent précaires, surtout en cas de prématurité.

Malgré ces chiffres, très peu de centres existent. C’est ce constat qui nous a amené à prendre la décision, il y a 2 ans, de monter ce centre. Nous avons commencé, bien sûr, par chercher des partenaires potentiels, et, pour développer ce projet, nous sommes allés voir la Fondation BNP Paribas et la Fondation BMCI.
Le fait que les deux fondations aient pu nous soutenir nous a donné une certaine légitimité – légitimité qui nous a permis de solliciter d’autres fondations et d’autres partenaires éventuels.

Aujourd’hui, le projet avance bien, comme vous pouvez voir sur les photos.

Ce projet comprend 3 objectifs principaux. Nous voulons tout d’abord permettre à ces jeunes citoyens paralysés cérébraux d’atteindre une certaine forme d’autonomie et de s’épanouir par le fait de sortir de chez eux, de socialiser en rencontrant d’autres jeunes, de bénéficier de prise en charge adéquate et de vivre leur vie décemment.
Nous souhaitons également donner aux familles la possibilité d’échanger, d’être entourées lors des moments difficiles, de les accompagner sur ce long chemin qu’est l’éducation d’un enfant handicapé.
Enfin, nous espérons créer des emplois directs, environ 30 par école conventionnée, voire plus, en assurant la formation continue, théorique et pratique, pour un meilleur apprentissage. Nous souhaitons faire exemple par l’action.

C’est cet entrecroisement de réalisations, de rencontres et de personnalités qui montre que le chemin ne se fera qu’en marchant. Mais ce n’est que le début ! Vont suivre ensuite les formations du personnel, les approches à adopter par rapport à l’organisation, tous les détails de la mise en place et les difficultés inhérentes pour lesquelles les solutions adéquates se dessineront. Nous nous attacherons également au fur et à mesure à sensibiliser le plus grand nombre et à mieux faire connaître cette maladie.