Hilaria Ramos Palomino
Confectionneuse et vendeuse de vêtements/plantation de pommes de terre
45 ans, 5 enfants
Hilaria a plusieurs cordes à son arc : elle tricote et confectionne des articles d’artisanat (bonnets, pull, animaux en peluche), elle les vend sur le marché le week-end. Elle écoule le reste de son stock auprès de ses amis. Parallèlement, elle cultive des pommes de terre sur une parcelle de terrain à l’extérieur de Puno (au bord du lac Titicaca).
Depuis 10 ans, elle collabore avec Promujer (Institution de Microfinance – IMF) car “l’accès au crédit est plus facile qu’avec les banques” nous explique-t-elle. “Nous nous sommes regroupés à 20 ou 25 personnes, car il était plus facile d’obtenir le prêt en groupe. De cette façon, nous n’avions pas besoin de garanties comme avec les banques”.
C’est grâce, à l’accès au crédit qu’elle a pu se lancer dans plusieurs activités. Cela lui a également permis d’augmenter le volume de marchandise qu’elle vend sur le marché.
Quand elles sont rentrées dans Promujer, toutes les femmes du groupe ont reçu une semaine de formation pour apprendre à mieux gérer leurs affaires. Hilaria nous confie qu’elle n’a jamais eu de difficultés pour rembourser les prêts, en partie grâce à ces formations : “ils nous ont bien dit que l’argent devait être utilisé pour une activité et pas pour autre chose. Ils nous ont donné une formation pour qu’on sache comment utiliser l’argent pour nos affaires.”
Désormais, elle souhaite obtenir un prêt plus important pour acheter un petit terrain: “la relation avec Promujer a toujours fonctionné depuis 10 ans alors je ne veux pas m’arrêter. Ils m’ont bien aidé personnellement, ainsi que ma famille : mes enfants font des études”. Depuis qu’elle travaille avec Promujer, Hilaria a ouvert un compte d’épargne: “j’ai presque 1000 $”. Elle peut ainsi accéder à des montants de crédit plus important. Cependant, elle sait que rembourser un prêt plus important sera plus difficile: “Il faudra que je me sacrifie”.
Hilaria a participé aux différentes campagnes de santé de Promujer depuis 10 ans : “j’ai appris à mieux m’occuper de moi”. Et en ce moment, elle suit une formation pour prévenir les infections avec une formatrice de l’institution.
Lucrecia Helecitas Varade
Gérante d’un débit de boissons
59 ans, 2 enfants.
Depuis 12 ans, Lucrecia est propriétaire d’un débit de boissons, mais elle travaille avec Promujer depuis seulement 6 ans. Elle a décidé de rentrer dans les rangs de cette institution car sa fille était déjà cliente et l’a convaincue de rejoindre son groupe. La vendeuse nous explique qu’elle préfèrerait obtenir son prêt individuellement et non par le groupe: “moi je travaille seule ici et quand je vais aux réunions de groupe, je dois fermer ma boutique. Si j’étais seule, ce serait plus pratique”. L’organisation du groupe oblige donc Lucrecia à quelques sacrifices.
L’argent du crédit lui sert surtout à l’augmentation de son stock de marchandises: “Je peux acheter plus et donc je bénéficie des offres de mes fournisseurs. Par exemple pour 100 caisses de bières achetées, ils m’en offrent deux. Avant je n’avais pas le capital et Promujer m’aide pour ça”. Le local dans lequel elle travaille n’a pas changé depuis qu’elle collabore avec l’IMF, mais ses revenus ont bien augmenté: “Plus tu as du capital et plus tu as des rentrées d’argent” nous affirme-t-elle. Les bénéfices ainsi dégagés lui ont permis d’agrandir sa maison et d’aider sa famille. “C’est pour mes enfants que je travaille.”
Lucrecia nous affirme que lorsqu’elle est rentrée chez Promujer, elle a reçu une petite formation avant de recevoir son premier prêt. Depuis, elle n’a pas participé aux différentes sessions de formation, notamment celle de santé, car elle ne veut pas laisser sa boutique fermée, mais elle sait qu’il y en a régulièrement. Lucrecia se sent capable de bien gérer ses revenus mais elle nous dit que dans son groupe, beaucoup de ses collègues devraient être mieux formées: “90% ne savent pas se servir de l’argent. Elles se font prêter 200$, 300$, mais elles s’achètent des robes, des vêtements. Elles ne savent pas gérer l’argent.” Heureusement aucune personne de son groupe n’a manqué un remboursement. La force du groupe rentre en jeu dans les moments difficiles nous explique Lucrecia: “si il y avait un problème, on allait voir la femme à deux ou trois pour l’aider. Grâce à Dieu personne n’a jamais failli dans le remboursement.”
La vendeuse a déjà vu des affaires se casser la figure, et des femmes se retrouver sans un sou. Selon elle, ces situations pourraient être évitées si l’agent de crédit avait mieux vérifié l’activité de certaines emprunteuses, et les avait mieux conseillées.
Avec Promujer, Lucrecia a commencé à épargner un peu d’argent et elle possède environ 600 dollars. “Je pense que je vais retirer la moitié pour acheter plus de marchandises” nous confie-t-elle. Cependant, elle sait que ce compte d’épargne la laisse à l’abri d’un coup dur.














