L’association 92 FOFO NIGER apporte une aide à la population défavorisée de Niamey, la capitale du Niger. Elle compte 5 membres actifs et fortement engagés, soutenus par une trentaine d’adhérents. « Coup de pouce » soutient le projet de création d’un bloc d’hospitalisation pour les enfants dénutris du C.R.E.N.I. (Centre de Récupération Nutritionnelle Intensive) de Niamey.

Témoignages de Doriane Derly, collaboratrice soutenue par le programme « Coup de pouce » aux projets du personnel et de Françoise Wauquier, présidente de 92 FOFO NIGER             

Quelles sont vos missions dans l’association ?

Doriane D. : Secrétaire de l’association depuis 12 ans, je participe aux tâches administratives, à la gestion des comptes ainsi qu’à à la conception et à la réalisation des projets. Chaque année, je retourne à Niamey pour me rendre dans les structures que nous avons créées et rencontrer les personnes aidées.

Je consacre aussi du temps à l’organisation et la participation des ventes artisanales privées qui représentent notre seule source de financements depuis quelques années. Nous achetons de l’artisanat local à Niamey pour le revendre à Paris et réinvestir les bénéfices dans nos actions. Nous le faisons à des prix beaucoup plus bas que dans les petites boutiques parisiennes, et surtout, l’argent récolté retourne ensuite profiter au pays : voilà notre argument de vente.

Votre engagement associatif vous permet-il de mettre à profit des compétences professionnelles ?

Doriane D. : Oui, tout à fait. Je travaille dans la finance et mes compétences professionnelles m’ont beaucoup aidée à la gestion des comptes de l’association ainsi que dans le suivi de projets. Le contexte a beau être différent, je mets au service de l’association des compétences organisationnelles développées dans mon métier. Enfin, mon travail m’amène à beaucoup voyager, à être en contact avec des cultures et des habitudes différentes. Or pour être bénévole dans l’humanitaire, il est essentiel d’avoir une grande ouverture d’esprit et de ne pas juger.

Quel est le souvenir le plus frappant que vous ayez de votre engagement ?

Doriane D. : Lors d’une mission sur place en 2009, j’ai rencontré une fillette de 7 ans : elle était dans les bras de sa mère et ne pesait que 8 kilos. Le regard que portait la mère sur cet enfant souriante était empreint d’un amour inconditionnel. Fortement émue par cette fillette, j’ai réussi à convaincre une structure médicale pour une prise en charge d’urgence. Aujourd’hui, cette petite fille est toujours en vie ; elle peut sourire à sa mère et lui donner l’amour d’une enfant. Mais j’ai plutôt envie de dire que les plus beaux souvenirs sont à construire dans l’avenir. Aussi je souhaite donner une autre image du Niger : un pays très attachant qui regorge de potentiels humains. J’ai découvert le Niger en 1997, c’était mon premier grand voyage en dehors de l’Europe ; ça a été un choc et un coup de cœur ! Je souhaite que ce « Coup de pouce » ne soit pas seulement financier et qu’il donnera envie de nous rejoindre, parce que l’on manque de bonnes volontés !

Pourquoi est née l’association 92 FOFO NIGER ?

Françoise W. : L’association a été créée en 1993 par 12 membres du personnel médico-social du Conseil Général (C.G.) des Hauts de Seine, au retour d’un voyage en pirogue sur le fleuve Niger. En bivouaquant de village en village, nous avons été très frappés par le manque de moyens des riverains qui pourtant bénéficiaient de l’eau du fleuve, précieuse dans un pays très marqué par le manque d’eau. Ces gens ne disposaient d’aucune couverture sanitaire et sociale. Ayant habité au Niger, j’y avais des amis africains qui montaient localement une association avec des médecins et des infirmières. Ils ont sollicité notre aide depuis la France et  à notre retour nous avons créé 92 FOFO NIGER (ce qui signifie « les Hauts-de-Seine disent bonjour au Niger »).

Dans ses premières années, l’association a reçu des subventions de l’Institut des Hauts-de-Seine qui dépend du C.G.  Elle avait pour première mission la collecte, le tri et l’approvisionnement en médicaments. Puis nous avons équipé entièrement un dispensaire à la périphérie de Niamey, au village de Liboré, avant de nous tourner vers les personnes handicapées et les enfants dénutris.

L’association a-t-elle mené une action particulièrement réussie ?

Françoise W. : Il y a 11 ans, nous avons équipé le dispensaire de Liboré d’une pompe solaire hydraulique qui permet d’avoir l’eau courante. Nous avons aussi reconstruit entièrement et au fil des années l’école pour aveugles de Niamey. Aujourd’hui, cette école est bien gérée et nous continuons à lui apporter régulièrement sur place des livres en braille.

Quelles sont les perspectives de l’association ?

Françoise W. : Nous soutenons une association d’aide aux femmes et aux enfants touchés par un handicap mental ou moteur, l’AFEAH (Association des Femmes et des Enfants Handicapés). Cette association basée à Niamey a créé des groupes de paroles où les femmes peuvent échanger et se sentir moins seules. 92 FOFO NIGER subventionne leurs rencontres hebdomadaires, une occasion pour elles et leurs enfants de rencontrer aussi un kiné et un psychiatre. Notre priorité est de poursuivre notre engagement auprès de cette association que nous affectionnons particulièrement. D’autant plus lorsque l’on sait combien le handicap est mal perçu dans cette culture qui le considère comme une punition divine : le handicapé est déclaré infréquentable et marginalisé.

Doriane D. : Sous condition de trouver des subventions, nous projetons aussi d’ouvrir une maison des femmes, tournée vers l’éducation et de favoriser une forme de micro-crédit, la « tontine ». Il s’agit d’un système d’auto-organisation populaire d’épargne et de crédit qui permet aux femmes de lancer une petite activité commerciale en mettant de l’argent en commun. L’idée est de généraliser cette pratique pour permettre aux femmes de développer des activités génératrices de revenu et de gagner en indépendance. C’est un projet au stade embryonnaire mais qui correspond à la culture et aux pratiques locales.

Le  programme « Coup de pouce » aux projets du personnel de la Fondation BNP Paribas accompagne des projets portés par les salariés engagés à titre bénévole dans des associations d’intérêt général. Depuis sa création en 2003, plus de 380 projets ont été soutenus dans les domaines de la santé et de la solidarité en France et à l’international.

Propos recueillis par Sophie Bonnaud-Le Roux