Le 14 septembre 2012 a eu lieu la Première mondiale de Théâtre des opérations, création de Pierre Rigal. Fruit d’une coopération artistique franco-coréenne, ce spectacle a été présenté au LG Arts Center de Séoul et tourne autour du thème du conflit militaire. Mécène de Pierre Rigal depuis 2008, la Fondation  BNP  Paribas a permis à sa compagnie dernière minute de se structurer, mais aussi d’enrichir son répertoire avec quatre nouvelles pièces : Asphalte (2009), Micro (2010), Standards (2012) et Théâtre des Opérations, pièce pour neuf danseurs.

A l’issue de la Première, Pierre Rigal est revenu sur le travail effectué.

« Vous venez de créer une nouvelle pièce, Théâtre des Opérations, pour des danseurs coréens à Séoul. Comment cette aventure est-elle née ? »

« C’est à la fois une proposition et une commande. L’idée d’une collaboration avec des danseurs coréens est née alors que j’animais un stage auprès de la compagnie nationale. Celle qui était alors la directrice du ballet, Injoo Chang, via l’Institut français, a proposé l’idée au LG Center, un lieu très ouvert sur la création contemporaine et sur l’Europe. Fondation culturelle qui anime ce lieu à l’année, le LG Center, qui par le passé avait déjà coproduit un spectacle de Pina Bausch, m’a donc proposé de produire une création. D’autres partenaires ont ensuite rejoint le projet, dont le théâtre Vidy à Lausanne, ou encore le théâtre du Rond-Point à Paris, le Festival d’Automne en Normandie, le Parvis de Tarbes »

« Aviez-vous dès le départ une idée du spectacle et de son thème, qui comme son titre l’indique, traite de conflits ? »

« Non, pas du tout et je peux vous dire qu’elle est venue à moi comme une évidence, un matin, alors que s’achevaient les représentations de Micro, ma précédente pièce, au festival d’Avignon. Le Théâtre des opérations, qui évoque une zone de conflit militaire, n’a rien à voir en particulier avec la Corée, même si le thème trouve une certaine résonance dans ce pays compte tenu des tensions toujours vives avec son voisin  la Corée du Nord. Le thème est hélas universel et j’espère que le spectacle, qui va être montré sur des scènes très diverses, trouvera partout un écho auprès des spectateurs. »

« Comment avez-vous travaillé avec les danseurs coréens ? »

« J’ai procédé à une audition qui m’a permis de recruter neuf danseurs – cinq garçons et quatre filles – venus d’horizons variés, formés à la danse classique et à la danse contemporaine, mais plutôt sur des esthétiques assez académiques. Il y avait donc, pour eux, une grande soif de vivre une aventure d’un genre nouveau. Bien sûr, l’obstacle de la langue était là : peu d’entre eux parlent anglais mais nous avons à nos côtés une traductrice qui connaît très bien la danse et sa technique, ce qui m’aura permis  de travailler dans de bonnes conditions tant pour la création que pour les tournées à venir en Europe. Malgré cette barrière de la langue, leur enthousiasme, leur technique et le fait qu’ils constituent un groupe très soudé m’a beaucoup aidé. De mon côté, je tire beaucoup de plaisir de cette collaboration puisque c’est la première fois que je travaille avec autant de danseurs venus de cet horizon classique/contemporain. Cette création me permet de travailler sur le groupe comme sur les individus; c’est sûrement une étape importante dans mon travail. »

>> Pour en savoir plus sur le parcours de Pierre Rigal, son rapport à la création et les questions qui l’animent